Commémoration de la Cascade du Bois de Boulogne

A l’occasion du 60ème anniversaire de la Libération, la traditionnelle commémoration de la Cascade du Bois de Boulogne a connu ce Dimanche 22 Août 2004, un succès particulier, avec la présence de Mr DELANOE, Maire de Paris, Mme Nelly OLIN, Ministre du Gouvernement, Mr FOURCADE, Sénateur-Maire de Boulogne, Mr KRIEGEL-VALRIMONT, ancien résistant responsable du COMAC, Mr CREANGE, Président du Comité du Souvenir, ainsi que de nombreux élus, militants, représentants d’associations, et citoyens de tous âges. Ci-dessous, le texte du discours prononcé au nom de la Ville de Chelles par Serge GOUTMANN, Maire-Adjoint :


23 août 2004

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers Amis et Camarades,

Il y a soixante déjà - cela passe vite, soixante ans .. ! - (Aragon disait, en écrivant en 1955 son fameux texte sur l’Affiche Rouge, en hommage au groupe Manouchian : “ Onze ans déjà, cela passe vite onze ans ”... Nous en sommes à soixante .. !), il y a soixante ans donc, et six jours très exactement, trente-cinq jeunes résistants et patriotes venus de Paris, Draveil, Chelles et Clamart tombaient ici-même, dans la nuit du 16 au 17 Août 1944, sous les balles des nazis en déroute.

Nous voici donc réunis, comme chaque année à la même époque, en cette auguste clairière à l’apparence si paisible, pour nous recueillir à la mémoire de ces trente-cinq jeunes victimes de la barbarie, au pied de l’écriteau qui porte ces mots terribles : "Passants, respectez ce chêne : il porte les traces des balles qui ont tué nos martyrs"...

Commémoration du martyre de la Cascade / commémoration du soixantième anniversaire de la Cascade : ...d’autres cérémonies ont connu, à l’occasion du soixantième anniversaire de la Libération, un éclat particulier : Commémoration du débarquement du 6 Juin 1944 en Normandie, Commémoration du débarquement en Provence cet été... avec la participation de moult chefs d’état, des plus hautes autorités civiles et militaires, de représentants des Alliés ou de peuples et de pays amis...

La présente commémoration n’est pas anodine pour autant, même si elle ne représente pas un haut fait de guerre ou militaire. Elle est l’emblème de l’ardeur d’un peuple combattant, du bon peuple de Paris et de ses faubourgs, de sa jeunesse bien décidée à relever la tête et à prendre en mains son destin. Et ce n’est pas un hasard si le regretté Albert Ouzoulias (alias colonel André dans la Résistance, ancien commandant en chef des Francs-Tireurs et Partisans d’Ile-de-France, membre du Comité Parisien de Libération), comme d’autres hauts responsables de la Résistance en Ile-de-France ou du CNR (dont certains sont ici présents), ont toujours souhaité donner à cette cérémonie de la Cascade un éclat particulier, du fait de sa portée et de sa signification historique.

Puisqu’il me revient donc l’honneur et la charge d’introduire cette cérémonie commémorative, permettez-moi de rappeler en quelques mots l’enchaînement des faits dans leur contexte, avant de tenter de réfléchir avec vous quelques instants sur leur sens historique.


Paris, comme le reste du pays, connaît depuis de longs mois déjà les affres de l’occupation, les privations, l’arrestation massive des militants communistes et syndicalistes dès le début de la guerre, les rafles, les exécutions sommaires, la spoliation systématiques des biens juifs (d’ailleurs souvent organisée avec la complicité des gendarmes français à la botte de Vichy), voire les indicibles départs en convois vers l’au-delà... Ces années sombres sont celles de la peur, de la méfiance, de la douleur, parfois et trop souvent de la coupable collaboration..., mais aussi celles de l’organisation progressive, dans la clandestinité, d’actes de résistance, parfois spontanés, mais de plus en plus organisés. Dès l’appel du Général de Gaulle du 18 Juin 1940 en effet, comme de celui de Maurice Thorez le 10 Juillet 1940, des réseaux de résistance se constituent et se reconstituent - surtout et plus fortement à partir de 1943, dans l’ombre et la lumière des actes de courage qui se multiplient alors pour harceler l’occupant nazi et recouvrer la liberté... “ Liberté chérie ”, comme l’écrit le grand poète Eluard.

Août 1944 : Paris et sa région bruissent enfin d’un nouvel espoir avec l’annonce du débarquement des forces alliées en Normandie et de leur avancée sur le continent, et tandis que le front russe a reculé pour sa part de Stalingrad jusqu’au-delà des frontières de la Prusse, que les colonnes venues d’Afrique remontent maintenant l’Italie et le Sud de la France...

C’est dans ce climat fébrile, emprunt d’espoir et d’exaspération, que se prépare activement l’insurrection nationale. "Paris par soi-même libéré..." comme le dira plus tard le Général de Gaulle : tel est le mot d’ordre qui circule parmi tous les réseaux de résistance, car l’on sait aujourd’hui qu’au nom de quelques calculs stratégiques, Paris aurait pu être rayé de la carte si, de ses faubourgs et de ses banlieues, n’avait surgi une foule anonyme et déterminée à bouter elle-même l’occupant hors de la capitale.

Une terrible question se pose donc alors aux organisations de résistance regroupées sous la bannière des F.F.I. (Forces Françaises de l’Intérieur) : “ Faut-il laisser les armées alliées contourner Paris pour hâter leur marche vers le Rhin... ? ” - ainsi qu’en était le plan (citons par exemple ce qu’en dira plus tard le général américain Bradley lui-même : "Paris n’avait aucune signification tactique. En dépit de sa gloire historique, Paris ne représentait qu’une tâche d’encre sur nos cartes ; il fallait l’éviter dans notre marche sur le Rhin... !") - au risque de voir donc la capitale dépecée, voire totalement détruite comme se l’était promis le Général Von Choltitz, gouverneur de la place de Paris / ou faut-il lancer d’ores et déjà la grande insurrection populaire, préparant l’arrivée des alliés mais permettant également au peuple de Paris de prendre voix au chapitre et d’affirmer sa détermination pour l’avenir.

On mesure aujourd’hui l’enjeu de cette question pour toute la suite de l’Histoire, et l’on peut apprécier l’intelligence historique du Comité Parisien de Libération qui lance effectivement, après d’âpres discussions il est vrai, l’appel à l’insurrection. Voici ce qu’en dit Albert Camus, dans son éditorial du journal Combat daté du 24 Août 1944 : “ Paris fait feu de toutes ses balles dans la nuit d’Août. Le Paris qui se bat ce soir veut commander demain. Non pour le pouvoir, mais pour la justice ; non pour la politique, mais pour la morale ”...

Cependant le principal problème auquel se trouve alors confrontée la Résistance, c’est de trouver les armes qui lui font cruellement défaut. C’est ainsi qu’informés d’une possible livraison qui leur permettrait de prendre activement part aux combats qui pressent au cœur de la capitale, plusieurs groupes de résistants se contactent fraternellement : le groupe de jeunes F.T.P. (Francs-Tireurs et Partisans) de Chelles, les jeunes chrétiens combattants de l’O.C.M. (Organisation Civile et Militaire de la Jeunesse) de Paris - très liés aux prêtres de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul du XIIIème arrondissement - et un groupe F.F.I. de Draveil... mais tous ces jeunes se trouvent en réalité entraînés dans un horrible guet-apens, monté par un dénommé Marcheret qui, se faisant passer pour un envoyé de Londres, s’avère être en réalité un agent de la Gestapo. Arrêtés à leurs différents lieux de rendez-vous (dans un garage rue d’Armaillé dans le XVIème, et à la Porte Maillot), ils sont torturés dans divers sièges de la Gestapo à Paris (Rue de Saussaie, Avenue Foch et Rue Leroux).

Le 17 Août au matin, on retrouvera les corps inanimés de sept résistants au pied de l’immeuble de la Gestapo au 10 de la Rue Leroux. Les autres, au nombre de trente-cinq, seront emmenés au cours de cette même nuit du 16 au 17 Août, dans cette clairière où nous nous trouvons, et abattus au fur et à mesure qu’on les fera descendre des camions, à la grenade et à la mitraillette.

Les corps affreusement mutilés sont découverts le 17 au matin par un moniteur de l’Ecole des Cadres de Bagatelle. Les familles et les proches sont informés du drame et viennent reconnaître les corps. Les corps non réclamés sont inhumés collectivement le Samedi 19 au cimetière de Bagneux. Pour ce qui concerne le groupe chellois, les obsèques ont lieu le Dimanche 20 Août. Pratiquement toute la population participe aux obsèques, et défile sous les yeux même d’officiers allemands croisés le long de l’avenue rebaptisée depuis Avenue de la Résistance. Du cortège silencieux montent de plus en plus clairement des cris : "Assassins, assassins..."

Malheureusement, la Ville de Chelles n’en aura pas encore fini avec la folie meurtière de l’occupant. Quelques jours plus tard seulement, le 25 Août 1944, alors même que les cloches de Nôtre-Dame fêtaient la libération de Paris, treize autres victimes innocentes étaient prises en otage par l’armée allemande en déroute et sauvagement fusillés devant les murs de la Mairie de Chelles. La plus jeune de ces victimes n’avait que 16 ans : c’était le propre frère de Roland Verdeaux, l’un des martyrs de la Cascade dont nous honorons aujourd’hui la mémoire.


Voici donc les faits, tels que l’Histoire ne les a pas oubliés, et qui nous rappellent tout à la fois ce que furent la violence et la barbarie d’un occupant désemparé par l’imminence de sa défaîte - et capable de ce fait des folies les plus meutrières -, mais aussi le courage et l’abnégation de jeunes résistants prêts à risquer leur vie pour sauver la France et leur dignité d’homme.

Permettez-moi maintenant, pour terminer ce propos, de vous soumettre quelques réflexions sur la portée historique de ces tragiques évènements, et sur le sens que nous pouvons leur accorder quelques soixante années plus tard.

D’abord pour fustiger sans merci l’horreur ignominieuse de tels actes, pour exciper le dégoût que nous inspire l’évocation de la sauvagerie nazie. Aucune trace de nationalisme revanchard ni de rancune dépassée dans cette évocation. Comme le rappelait le poète Aragon, dans la bouche de l’un des martyrs de “ l’affiche rouge ” : “ Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand ”... En disant "plus jamais çà !", nous condamnons simplement toute forme de violence commise au nom d’idéologies permettant de s’arroger le droit d’ôter la vie à d’autres êtres humains. Nous parlons là bien sûr des attentats qui frappent aveuglément d’innocentes victimes civiles en divers points de la planète ; mais nous parlons aussi de la violence guerrière organisée, de ce que l’on appelle de façon impudique les "dégâts collatéraux", ou de la logique de la "cannonière" qui meurtrit aujourd’hui encore peuples et nations... Des millions d’hommes et de femmes de par le monde sont aujourd’hui encore confrontés à la violence, à l’oppression, au colonialisme, aux atteintes aux droits de l’Homme. Ce n’est pas et ce ne sera jamais notre conception de l’humanité.

La deuxième raison qui nous rassemble ici, c’est la nécessité du travail de mémoire. On sait les dérives qui menacent les peuples et les nations dès lors que l’oubli s’installe, que l’histoire se voit réécrite - ou tragiquement répétée - et que les suprématies raciales, politiques ou idéologiques se nourrissent du désarroi des âmes faibles pour en appeler au rejet de l’autre. Notre planète se voit encore continûment secouée par des poisons qui ont nom intégrisme, racisme, fanatisme, négationnisme ou nationalismes exacerbés... Face à tous ces poisons, force est de concevoir le "travail de mémoire" comme une nécessité et comme un combat. Encore faut-il le mener, continûment pour soi-même et pour les autres...

Nous nous retrouvons également - troisième raison - pour rendre un hommage solennel et de portée universelle au courage individuel et à l’ardeur patriotique des jeunes héros de la Résistance. Malgré l’âpreté de la période et l’incertitude des rendez-vous, les trente-cinq de la Cascade n’hésitèrent pas une seule seconde à risquer leur vie pour contribuer au combat libérateur.

Je rappelle chaque année, parce qu’ils me semblent vrais et justes dans leur simplicité, les mots de Madame Blanchet, veuve du Docteur Blanchet mort ici-même, quelques jours seulement après le drame : "D’aucuns diront que ce qui a été fait par la Résistance est peu de chose. Il me serait très facile de leur répondre qu’il ne tenait qu’à eux de faire plus et mieux ; nous aurions été très heureux de les applaudir. D’autres diront que les gestes et les actes de notre Comité ont été inopportuns, téméraires, et qu’il eut mieux valu attendre et ne pas courir certains risques. A ceux-là, je répondrai : l’héroïsme n’est pas un froid calcul. Ce n’est pas la prudence qui écrit l’histoire. Quand on veut sauver son pays, il faut s’exposer à tous les dangers, à tous les risques. Sans doute, après des évènements heureux ou malheureux, on peut toujours, assis dans un fauteuil moëlleux et les pieds dans des pantoufles douillettes, critiquer les auteurs et démontrer que tout aurait été mieux si l’on avait fait autrement. Agir, c’est risquer. Et au bout du risque, il peut y avoir l’erreur, il y a parfois la mort. Erreur et mort sublimes quand elles ont pour enjeu la défense de la patrie et de la liberté"...

Notre présence ici, élus des villes de Chelles, Clamart, Draveil, Boulogne et Paris, représentants d’organisations syndicales et politiques, anciens combattants et résistants, ou simples citoyens de tous âges et de toutes sensibilités... signifie donc que l’histoire et l’esprit de la Résistance sont constitutifs de l’identité et de la conscience nationales. Et que rien ne saurait jamais gommer cette vérité que même aux heures les plus sombres de l’Occupation, il s’est trouvé des hommes et des femmes, souvent de simple condition, pour relever l’honneur de la France. Les valeurs qui ont animé leur combat sont plus d’actualité que jamais. Nous leur devons respect éternel.

Quatrième enseignement que nous devons tirer de ces évènements, c’est l’attachement à la recherche de la vérité historique. Il s’est trouvé en effet des bonnes âmes, aussi bien à la Libération que jusqu’à aujourd’hui, pour s’interroger sur la droiture ou l’honnêteté de l’un ou l’autre de ces résistants. On sait aujourd’hui, et de façon précise, que la sinistre tuerie survenue ici-même n’a résulté que d’un sombre stratagème, ourdi par des agents allemands qui avaient réussi à infiltrer plusieurs réseaux de résistance et donc à piéger nos trente-cinq jeunes. Quelle importance, direz-vous, à soixante ans d’écart ? C’est très important - je le crois -, car un doute aurait pu subsister durant toute cette période sur le déroulement réel des faits, voire sur l’irresponsabilité présumée de nos jeunes résistants prenant des risques inconsidérés à la recherche d’armes (...bref, que leur geste aurait été absurde !). En fait, il n’en est rien : n’importe qui aurait succombé de la même façon à un tel piège. Il est important que la lumière soit définitivement faite, comme s’y attachent de nombreux historiens et journalistes que je remercie pour leurs recherches, comme il est indispensable que la bonne foi et l’intégrité des jeunes résistants de la Cascade puissent être totalement affirmée et défendue.

Cinquième enseignement : c’est l’importance des mouvements et de l’organisation collective qui aide les individus à se dépasser eux-mêmes. Comment croire un seul instant que les jeunes héros de la Cascade aient pu agir seuls ou désorganisés. Leur courage ressort en effet, nous le savons, de mois voire d’années de lent travail de conviction et d’organisation conduit dans la clandestinité par les mouvements de la Résistance. Et leur audace relevait d’une nécessité de l’Histoire. Ce que nous honorons, c’est donc bien sûr le courage individuel des acteurs de cette page, mais c’est aussi et surtout le génie d’un peuple combattant, de sa jeunesse porteuse d’espoir, et sa capacité à s’organiser, dans l’ombre comme dans la lumière, pour faire vivre la flamme de la dignité humaine.

Sixième point : J’ai fait référence tout-à-l’heure à l’intelligence historique du Comité Parisien de Libération lorsqu’il a lancé l’appel à l’insurrection populaire, et ce qu’en a donc dit Albert Camus, pour ne retenir que lui... Mais ce qui était en jeu, ce n’était pas seulement la survie de la capitale et la défense de son patrimoine culturel. C’était aussi toute la tournure des évènements qui allaient suivre, et la pérennité de la nation française en tant qu’état indépendant et souverain.

Car l’on sait maintenant ce que nos amis alliés anglais et américains, quelque soit leur immense mérite dans la bataille contre le nazisme et la reconnaissance que nous leur devons à ce titre, avaient forgé comme plan pour l’avenir du continent européen, et pour notre pays en particulier : l’AMGOT, qui n’était ni plus ni moins qu’une mise sous protectorat anglo-américain de la France - disposition qui heurtait la sensibilité, pour le moins, du Général De Gaulle, instigateur du redressement national : La France devait participer elle-même à sa libération, faute de quoi son identité même risquait d’être mise en danger...

Voilà donc ce que le Général de Gaulle et toutes les organisations qui se sont regroupées au sein du Conseil National de la Résistance, sous la houlette de Jean Moulin, ont su faire vivre et faire valoir dans un contexte qui n’était pourtant pas facile, c’est le moins que l’on puisse dire. Ces mêmes questions de souveraineté et d’indépendance nationales, sont véritablement d’une grande actualité, à l’heure de la mondialisation des marchés, de l’institution prochaine d’une constitution européenne, ou encore du rôle joué sur la scène internationale par certaines grandes puissances économiques et militaires.

Et c’est enfin le septième message que, je crois, nous pouvons tirer ensemble de ces évènements - et je concluerai là-dessus : le peuple de France s’est montré capable des plus grandes ambitions, à chaque fois qu’il a su se rassembler - face à l’adversité bien sûr, mais aussi pour construire l’espoir universel en un monde meilleur.

C’est ainsi que, venus donc de tous les horizons de la Résistance - d’obédience chrétienne, gaulliste ou communiste -, les trente-cinq de la Cascade ont uni dans leur sang l’exemple de leur diversité. Et c’est cette diversité qui en définitive a fait la force de la Résistance, puis du gouvernement de la Libération.

Nôtre société, nôtre peuple et nôtre pays ont-ils moins besoin d’unité dans la diversité aujourd’hui qu’hier ? L’aspiration à vivre unis dans une France libre, dans un monde et une Europe de progrès et de coopération, rejoint quelque part l’espoir des résistants de la Cascade qui eux-aussi dans leur diversité voulaient vivre libres et construire un monde meilleur.

Sachons donc nous inspirer et respecter la mémoire de cet engagement. Au-delà de l’absolue noirceur du crime commis ici-même et de l’indignation qu’il nous inspire, ce que nous commémorons ici, ce n’est pas l’atrocité des faits ; ce que nous commémorons, c’est le message d’espoir et d’ambition que nous a délivré la jeunesse résistante de France : jeunesse éternelle d’une espérance qui est une parce qu’elle est humaine.

Dieu fasse donc - pour celles et ceux qui y croient -, mais surtout les Hommes fassent que ce message d’espoir vienne en partage et continue d’inspirer le monde. C’est à cette flamme indéfectible que nous dédions nos fleurs et nos pensées.

Cette flamme, nous avons à charge, les uns et les autres réunis ici, de l’entretenir. Le message des trente-cinq de la Cascade ne s’est pas enfoui avec eux dans cette clairière ; il ne doit pas non plus s’éteindre avec nous qui continuons à commémorer l’événement. Pour traverser les temps et garder sa portée humaine et humaniste, il lui faut être transmis et présenté de juste manière aux générations qui se suivent.

C’est la raison pour laquelle je réitère ici le soutien apporté par la Ville de Chelles, mais aussi par de très nombreux parlementaires de tous bords et par de nombreuses collectivités élues, à la proposition avancée (par l’Association Nationale des Anciens Combattants et Résistants en particulier) de faire du 27 Mai - date anniversaire de la constitution en 1943 du Conseil National de la Résistance qui a affirmé la voix de la France, et ouvert la voie au gouvernement d’union nationale de la Libération -, faire donc de ce 27 Mai une Journée Nationale de la Résistance - grande journée de formation et d’éducation citoyenne pour les jeunes générations de notre pays.

Pour ce qui la concerne, la Ville de Chelles a anticipé sur l’officialisation nécessaire de cette date anniversaire, en organisant une “ Semaine de la Résistance ” autour du 27 Mai 2004, initiative qui a rencontré un grand intérêt auprès de nombreux chellois et chelloises de tous âges. Ce travail de mémoire nous semble indispensable pour perpétuer en effet les valeurs de la résistance nationale auxquelles nous sommes attachés et qui gardent toute leur actualité.

- Gloire donc aux trente-cinq martyrs de la Cascade et à tous ceux qui ont péri sur l’autel de la paix et de la liberté !

- Gloire aux organisations de Résistance qui leur ont inspiré force et détermination dans l’amour de la patrie !

- Force à la mémoire qui nous unit à l’idéal d’une France libre et plurielle dans une Europe et un monde de paix, de liberté et de coopération !


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