Congrès du Parti communiste français :
Construire un monde nouveau
La crise de la mondialisation capitaliste met la construction d’une société nouvelle à l’ordre du jour de l’histoire. Les communistes entendent être à la hauteur de cet enjeu.
5 mars 2009
Quel regard portez-vous sur la crise, ses causes et ses conséquences ?
Frank Mouly : La crise du capitalisme mondialisé est celle d’une société fondée sur l’exploitation du travail humain pour l’accumulation de capitaux et de profits. Ce n’est pas seulement une crise financière, c’est une crise systémique globale : économique, sociale, écologique et politique. C’est une crise planétaire, qui ouvre pour l’humanité une période historique nouvelle et qui place les hommes devant une alternative :relancer le capitalisme ou le dépasser. L’avenir sera marqué par l’affrontement entre ceux qui veulent perpétuer ce système et sa logique de rentabilité, d’exploitation et de domination, et ceux qui veulent construire une civilisation nouvelle faite de solidarités et de coopérations entre les hommes, de développement durable pour la planète, au diapason des formidables potentiels engendrés par l’expansion des savoirs et des technologies.
Faudrait-il, avec la crise, en rabattre sur les exigences de changement et se contenter de moraliser ou de réguler le capitalisme ?
Frank Mouly : Nous pensons que pour s’attaquer aux racines du mal, pour changer réellement la vie dans le monde tel qu’il est, il est indispensable de procéder à des ruptures radicales.
Rupture pour ce qui concerne le mode de développement. Au productivisme dominé par le profit, il faut substituer un mode de développement générateur d’avancées sociales, de solidarités, d’épanouissement individuel et écologiquement soucieux de la pérennité de la planète.
Rupture pour ce qui concerne la maîtrise par les hommes de leurs projets, individuels et collectifs. Nous ne voulons ni d’une société de caserne, ni de la loi de la jungle. Nous agissons pour une société de droits et d’initiatives créatives, de coopérations fraternelles librement et démocratiquement décidées, de mise en commun des savoirs et des pouvoirs.
Comment les communistes entendent-ils intervenir pour faire prévaloir ces ruptures ?
Frank Mouly : Les communistes ont décidé d’engager un processus de rénovation et de transformation profonde de leur parti pour que celui-ci retrouve sa créativité et son efficacité. Parmi ces novations : celle concernant notre stratégie de rassemblement.
L’union des forces populaires a toujours été une préoccupation majeure des communistes. Aujourd’hui, il s’agit de mettre en œuvre une stratégie adaptée à notre époque marquée par la mondialisation et sa crise, par l’extension du salariat et de l’exploitation, par des aspirations citoyennes nouvelles issues de l’appropriation des savoirs et de la révolution informationnelle…. Pour construire ce rassemblement, nous proposons de créer des lieux de rencontre où les citoyens, les acteurs du mouvement social et les forces politiques puissent débattre de leurs analyses, de leurs propositions, et élaborer ensemble, dans le respect de leur identité et de leur autonomie, les réponses sociales et politiques aptes à promouvoir un projet de transformation de la société. Notre objectif est la construction d’un Front progressiste et citoyen liant la dynamique citoyenne et l’union de forces politiques de gauche, déterminé à faire triompher des changements structurels sur la voie au dépassement du capitalisme.



