Vote du budget :

Déclaration du groupe des élus communistes de Chelles


20 décembre 2004

Monsieur le Maire, chers collègues,

Avec le débat d’orientation budgétaire, le vote du budget constitue dans l’année un moment essentiel. Si le travail accomplit par une équipe municipale se juge parfois dans le quotidien, l’implication et l’investissement des élus, la méthode « démocratique » qu’elle déploie, c’est d’abord et avant tout dans les projets qu’elle défend et donc par les choix budgétaires qu’elle opère que se révèle la nature de ses orientations de gestion et plus encore de ses choix politiques.

Nous l’avions indiqué dans le débat d’orientation budgétaire : l’exercice est difficile puisqu’il consiste à faire correspondre des besoins et des responsabilités croissantes avec des moyens toujours plus contraints. Sous prétexte de décentralisation, l’État abandonne progressivement la plupart de ses responsabilités, et singulièrement celles que lui avait confié le Conseil National de la Résistance : protection sociale, politique énergétique, transports,.... Partout, l’État recule et abandonne ses responsabilités, au profit du marché pour les plus rentables, aux dépens des collectivités locales pour celles qui ne présentent aucune profitabilité économique.

C’est le redoutable paradoxe d’un modèle qui se réfère si souvent à la liberté mais qui ne fait que resserrer et réduire l’arbre des choix politiques et citoyens. Il nous conduit à des choix réducteurs :

Soit celui d’ignorer les besoins croissants, ceux notamment des populations les plus durement touchées par les orientations politiques du gouvernements et celles de l’argent- roi, mais aussi de négliger les exigences de développement durables et d’amélioration de cadre de vie, aspirations exprimées de plus en plus fortement dans la population. C’est un pente que suivent certaines collectivités, aidées dans cette inclinaison par un contexte local plus favorable ; Soit de ne pas renoncer à une politique d’intervention publique ; et notamment dans les domaines dont le marché se désintéresse mais aussi lorsque ses visées menacent l’intérêt général : politiques de développement et d’aménagement urbain, de logement, de cadre de vie, accompagnement social, etc..

Bien sûr, le pire serait de réduire la qualité des services publics accessibles au plus grand nombre. Ce n’est pas fût pas le choix de la majorité plurielle par le passé et ce n’est pas le choix qui nous est proposé ce soir.

Le choix qui est fait est de maintenir et de développer ces services rendus à la population. C’est le choix des élus communistes !

Mais ce choix n’est pas sans conséquence :

D’abord il peut nous conduire insidieusement à relativiser l’expression même des besoins, sinon à en taire certains : à combien de projet utiles et attendus par les chellois nous faudra-t-il renoncer encore cette année ou différer ? Budgétairement, ne sommes-nous pas conduit à avaliser ce transfert de charges que nous dénonçons par ailleurs, en alourdissant, même légèrement, la fiscalité locale dont on sait combien elle est injuste ? Le recours à l’emprunt qui se justifie pour financer des équipements durables, chacun en comprend l’intérêt, est toutefois un sésame bien étroit notamment dans une ville dont le potentiel fiscal est fragile.

Comme nous l’avions indiqué le 19 novembre dernier, le groupe communiste considère que s’il n’y a pas d’autre choix que celui de continuer de répondre aux besoins de la population en maintenant et en développant les services publics, la situation qui est faite à notre collectivité comme à d’autre, nous conduit année après année vers une aporie, c’est à dire vers une situation qui sera de plus en plus difficile à tenir.

Le dépassement de cette aporie ne peut donc se concevoir indépendamment des batailles politiques à venir. C’est d’abord avec la population qu’elle doivent être initiées. Et de ce point de vue, on peut regretter que la démarche de préparation budgétaire soit toujours aussi peu participative dans notre commune, à contrario de ce qui semble heureusement se profiler dans l’intercommunalité naissante de Marne & Chantereine. Nous perdons là une opportunité pour élargir le débat démocratique et contribuer à donner à notre ville et à ses habitants, les marges de manoeuvres qui font aujourd’hui défaut.


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